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Handicap : comment l'enseignement agricole favorise-t-il l'inclusion des élèves, des étudiants et des apprentis ? – agriculture.gouv.fr

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L’enseignement agricole met en œuvre différents dispositifs pour que chacun puisse avoir accès à l’éducation dans des conditions optimales, favoriser l’égalité des chances et optimiser l’insertion professionnelle des apprenants. Depuis 1992, le 3 décembre est la journée internationale des personnes handicapées, lancée à l’initiative de l’Organisation des Nations-Unies (ONU). Celle-ci vise à promouvoir la compréhension des questions de handicap et à mobiliser le soutien pour la dignité, le droit et le bien-être des personnes handicapées. Voici quelques-unes des nombreuses initiatives déployées dans les établissements d’enseignement technique agricole.
« En 2019, l’Institut médico-éducatif (IME) Pierre Garnier de Mignaloux-Beauvoir (Vienne) nous a proposé un partenariat, ce qui entrait parfaitement en cohérence avec la politique d’inclusion que nous souhaitions développer dans notre lycée », explique Sébastien Guérineau, directeur-adjoint.
Une convention a ainsi été signée entre les deux établissements pour accueillir des jeunes porteurs de déficience intellectuelle. « Actuellement, les 6 jeunes de l’IME âgés de 15 à 18 ans vivent leur scolarité au lycée Kyoto (demi-pension, cours). Ils participent aussi aux cours de sports avec les lycéens de la filière SAPAT (Services aux personnes et aux territoires), sous l’encadrement de leurs éducateurs et de nos enseignants. Ce partenariat est autant positif pour les jeunes en situation de handicap que pour nos lycéens, car la prise en compte du handicap et le soin apporté à la relation à l’autre font partie intégrante des compétences attendues pour les bacheliers SAPAT. Nos élèves peuvent donc tisser in situ des relations avec le public avec lequel ils travailleront plus tard. »
En plus de la participation au cours de sport, les 6 jeunes sont pleinement intégrés à la vie du lycée : « L’ALESA (association des lycéens) organise de nombreuses activités sur le temps extrascolaire : loisirs, spectacles dans le cadres de semaines culturelles… Les élèves de l’IME bénéficient de toutes les activités proposées au sein de notre établissement. »
Enfin, le lycée Kyoto offre un terrain d’apprentissage pour ces jeunes : « avec leurs formateurs, ils apprennent à entretenir les espaces verts (haies bocagères, surfaces enherbées…). Ce partenariat se déroule très bien et est autant bénéfique à nos jeunes, aux jeunes de l’IME qu’à notre établissement. L’équipe pédagogique est pleinement satisfaite de ce dispositif en faveur de l’inclusion. »
À Romans sur Isère (Drôme), une expérimentation inédite a été mise en place : la création d’une Unité Externalisée d’Enseignement Professionnel (UEEP) dans le domaine du paysage, de

Elèves s'occupant d'espaces verts

l’horticulture et de l’agroéquipement, avec différents IME de la région.
« L’objectif de cet UEEP est pluriel », précise Manon Laügt, référente handicap. « En premier lieu, il s’agit de permettre à ces jeunes en situation de handicap d’acquérir des compétences professionnelles dans le domaine des espaces verts (maraîchage, horticulture, espaces verts, agroéquipement) dans une optique de validation de celles-ci, puisqu’une partie des jeunes iront ensuite en CAP. C’est pourquoi, les jeunes disposent d’une période d’immersion de 8 semaines afin qu’ils testent ce domaine, qu’ils décident s’ils souhaitent s’engager plus tard dans une formation de 1 à 3 ans. Par ailleurs, l’insertion professionnelle des jeunes dans ce milieu protégé est favorisée. Intégration dans une équipe, habilités sociales… ce dispositif contribue également à l’insertion sociale des élèves. »
L’Unité de formation par apprentissage/centre de formation professionnelle et promotion agricole (UFA/CFPPA) Terre d’horizon a signé un partenariat avec 5 IME : celui de Saint-Uze (qui dépend de l’ADAPEI), celui de Tullins (qui dépend de l’OVE), celui du domaine de Lorient (établissement public de la Drôme), celui de Valence (qui dépend de l’ADAPEI) et celui de Triors (qui dépend de l’ADAPEI).
« Ce dispositif peut accueillir jusqu’à 12 jeunes par an, 2 jours par semaine. Actuellement, 2 filles et 10 garçons viennent chaque mardi et jeudi sur l’établissement. Les supports pédagogiques sont adaptés pour favoriser leurs apprentissages, nous travaillons beaucoup à partir de photographies. Les jeunes bénéficient d’un double encadrement : un formateur de l’UFA ainsi qu’un encadrant de l’IME. Cette démarche expérimentale se veut essaimable sur l’ensemble du territoire. »
Ce projet a pu être lancé grâce à l’effort humain et financier de chaque structure, mais aussi grâce à une subvention régionale accordée pour la 1e année dans le cadre de l’appel à projets pour l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
Avec plus de 10% des élèves bénéficiant d’une aide humaine notifiée par la Maison Départementale du Handicap (MDPH), l’inclusion scolaire prend une place significative pour les équipes du LPA de Tarbes (Hautes-Pyrénées).
Les 7 accompagnant(e)s d’élèves en situation de handicap (AESH) qui œuvrent auprès de ces élèves représentent ainsi un quart de l’équipe pédagogique.
Dans ce domaine, la filière Conduite de Productions Horticoles est particulièrement concernée :
L’établissement est amené à engager des collaborations actives avec de nombreuses institutions chargées du suivi de ces jeunes, tant du point de vue scolaire (Services d’éducation spéciale et de sclarisation à domicile – Sessad, Unité locale d’inclusion scolaire – ULIS, etc.) que sur le plan médico-psychologique.
Deux élèves sont actuellement en scolarité partagée avec un Institut Médico-Educatif et Professionnel voisin du lycée, dans lequel ils pourront être amenés à valider des gestes professionnels et à travailler leur projet d’insertion professionnelle en milieu protégé, notamment par la recherche de lieux de stages adaptés.
Ces expérimentations d’inclusion scolaire et d’élaboration d’un projet professionnel font actuellement partie d’une recherche-action dans le cadre du Dispositif national d’appui, en collaboration avec les Réseaux Égalité-Insertion et Handicap, ainsi que l’École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole (Ensfea).
La construction de tous ces dispositifs d’accompagnements est perçue par l’ensemble de la communauté éducative, apprenants compris, comme une opportunité de réflexion et d’amélioration des apprentissage et du vivre ensemble.
Crédit photo : CFPPA / UFA Terre d’Horizon
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